13Oct

Adjudication d’achat de devises : BAM

Afin d’absorber l’excédent actuel du marché des changes et d’assurer son fonctionnement normal, la Banque du Maghreb (BAM) a récemment annoncé qu’elle organiserait des enchères pour acheter des devises étrangères auprès des opérateurs du marché en cas de besoin.
En effet, lors des deux premières adjudications organisées lundi et mardi, la banque centrale a racheté 410 millions et 260 millions de dollars américains à ces opérateurs en échange de dirhams aux prix de 8,9939 et 8,9834 dollars américains, respectivement. Selon le site Internet de la Banque Al-Maghrib. Alors qu’est-ce qui constitue ce mécanisme et quel est son but ?

« Avant la mise en œuvre des réformes du marché des changes de 2018, l’intervention de la Banque du Maghreb (BAM) sur le marché était presque automatique », a expliqué l’économiste et expert en politique de change Omar Bakkou.
M. Bakkou a déclaré à MAP que la banque centrale procéderait à des échanges de devises avec les banques chaque fois que la banque en aurait indiqué un besoin, et a souligné que depuis la mise en œuvre de la réforme, cela comprenait l’élargissement de la gamme des fluctuations monétaires, et BAM s’est assuré de quitter une marge importante pour le marché des échanges interbancaires. « Sous l’influence de l’excès de liquidité enregistré sur ce marché aujourd’hui et de la prédiction continue de BAM de cette situation (le risque de marché des changes est toujours excessif, ce qui signifie que la masse monétaire dépasse la demande), la banque centrale a donc décidé d’adopter cette technologie d’enchères. Intervenir », a-t-il déclaré.

« Ces adjudications seront organisées autant que nécessaire et ce, en fonction de l’évolution des conditions sur le marché de change », précise la Banque Centrale.

Objectifs :

Adjudication d’achat de devises : BAM

Selon les experts, ces interventions ont deux objectifs principaux :

Le premier est d’éviter la crise d’excès de liquidité sur le marché des changes, c’est-à-dire que « les banques vont devoir perdre de l’argent par manque d’acheteurs, de devises étrangères (le taux de change de l’euro est négatif et nul par rapport au dollar américain) « , et a souligné que ces pertes feront perdre de l’argent aux banques. Les revenus générés sur le marché se sont détériorés car lorsque les taux d’intérêt atteignaient une fourchette inférieure, leurs commissions devenaient nulles.

« On pourrait, également, considérer dans ce même sens que lesdites interventions permettent d’éviter une décision d’élargissement de la bande de fluctuation, qui se traduirait par une appréciation encore supplémentaire du dirham par rapport aux devises, laquelle serait dommageable pour les entités génératrices de devises, en l’occurrence les exportateurs. », a fait valoir M. Bakkou.

En outre, les experts ont souligné que cette décision améliorera la liquidité des dirhams des banques, ce qui leur permettra bien sûr d’améliorer leurs conditions financières et leurs capacités d’émission de crédit. rappelant, dans ce sens, que la situation financière des banques a été fortement endommagée par la crise du Covid-19 (les sources de financement libre des banques ont fortement diminué, c’est-à-dire les dépôts à vue après un grand nombre de retraits de la clientèle, une augmentation des dettes en souffrance, etc.).

De même, un responsable de la salle des marchés a déclaré que depuis la réforme du marché des changes, la banque centrale n’est pas intervenue sur ce marché. Il y a principalement deux raisons pour expliquer la décision de BAM. L’une est la poursuite de l’appréciation du dirham. La limite inférieure de la bande de fluctuation est atteinte.

La seconde raison, a-t-il poursuivi, est la position de change des banques (le solde positif ou négatif d’un établissement de crédit dans une devise) qui, selon les derniers chiffres publiés sur le site de BAM, a atteint, au 14 septembre courant, plus de 9,42 milliards de dirhams.

Cette position, qui avait déjà inscrit un plus haut annuel à plus de 10,3 MMDH, est attribuable d’après, la même source, « aux mouvements anormaux des devises en juin, juillet et août ».

« Cela est dû au retour des Marocains vivant à l’étranger, mais aussi parce que de moins en moins de Marocains quittent le pays (pandémie COVID 19 oblige). En conséquence, la consommation de devises étrangères a diminué », a-t-il déclaré.

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